« Il Derby della Capitale » en italien, se joue cet après-midi de dimanche. La 12e journée de Serie A nous offre ainsi l'un des plus beau et chaud derby d'Europe. En 138 derby (dont le 1er en 1929), la Lazio en a gagné 36, contre 48 pour la Roma et 54 matchs nuls. Analyse des équipes.
SS Lazio, Rome nous appartient
Oubliez le classement, oubliez le championnat, oubliez la forme du moment ou la confiance. Dimanche a 15h, sur le terrain du mythique Stadio Olimpico di Roma, les deux équipes s'affronteront pour la gloire, pour la fierté, pour se départager tout simplement un seul titre : celui de Club de la capitale. Du coté des dirigeants, le combat a deja commencé depuis une semaine, depuis le début de l'année même, puisque Claudio Lotito, président laziale, avait eu l'idée merveilleuse de vouloir inscrire « Première équipe de la capitale » sur le maillot des siens. Cet après-midi donc, il ne sera pas question de match mais bien de combat, entre deux équipes qui s'opposent et se détestent en tout point (même en politique, la Lazio serait de droite alors que la Roma de gauche).
Cette année, les « Biancocelesti » ont bien débuter : 5eme au classement après 11 journées, 6 victoires, 1 nul et 4 défaites et totalisent 19 pts. Fort de sa 4e place l'an passé, le club veut a présent grandir encore un peu plus, et s'imposer comme un réel concurrent au titre. Si la Juventus ne semble donner aucun espoir a aucun club, la lutte pour la 2e place semble ouverte. Mais c'est maintenant qu'il va falloir cravacher pour la Lazio, car ils sont deja distancés de 8 pts par l'Inter (actuel 2nd). Ce derby est donc l'occasion idéale de se refaire, d'autant plus que l'équipe reste sur une très mauvaise série en championnat : sur les trois derniers matchs, elle compte 1 défaite a la Fiorentina (2-0), un nul a domicile contre Torino (1-1), et surtout une terrible raclée reçue la semaine dernière contre Catania (4-0). La victoire dimanche après-midi est primordiale a tous les niveaux pour la Lazio donc.
Vladimir Petkovic a convoqué un groupe au complet pour ce match. Ayant aligné une équipe B jeudi soir en Europa League, le coach laziale dispose donc de joueurs frais et en pleine forme pour le derby.
Coté tactique : Petkovic devrait renouveler son schéma classique en 4-1-4-1 qui a bien marcher jusqu'à présent. Dans les buts, on retrouvera Marchetti, assisté en defense par la charnière centrale Biava – Dias, Lulic a gauche et certainement Konko a droite (un doute existe sur la titularisation de Radu). Juste devant la defense, l'argentin Ledesma imposera sa loi en tant que vrai sentinelle. Devant lui, on aura le quatuor de milieux offensifs avec Candreva (4 passes dec') a droite, Mauri (2 passes dec') a gauche, et le duo Hernanes (5 buts) – Gonzalez au centre, avec des rôles extremement libre et capables ainsi de se balader sur le terrain. Enfin, Miroslav Klose (6 buts) assurera la pointe de l'attaque laziale. La Lazio s'appuie sur un jeu basé sur les contres essentiellement. Rapides et techniques, les 4 milieux offensifs alignés offrent a l'équipe une vrai puissance en attaque, tandis que devant, Klose, malgré son age est très efficace. La concentration, sera certainement la clé du match pour la Lazio. Capable du meilleur (3-2 contre Milan) comme du pire (0-4 contre Catania), le club a manqué de sérieux et de rigueur sur certains matchs, qui lui ont coûté beaucoup. Face a la grosse puissance d'attaque de la Roma, Ledesma risque de se sentir seul au milieu, et il est alors vital que les « offensifs » laziale fassent l'effort de défendre et d'aider leurs partenaires. Il risque d'y avoir des buts dans ce match, il faudra donc rester vigilants et ne pas se jeter tête baisée. Étant donné la faible défense de la Roma, le mieux serait peut-être de patienter et d'attendre tranquillement la bonne occasion.
L'homme Clé : Hernanes dit « il Profeta ». Le gentil garçon a l'allure de « mec assis au premier rang », semble enfin avoir trouvé la régularité qui lui manquait en Italie. Petkovic lui a donner l'opportunité de prendre en main le jeu, et son entente avec Klose fait des merveilles en championnat (ils ont marqués a eux deux, 11 des 16 buts de la Lazio). Dans l'axe ou sur le coté gauche, il va sûrement donner beaucoup de fil a retordre a la defense de la Roma cet après-midi.
AS Roma, « Morituri te saultant »
« Rome appartient aux romains (coté giallorosso), c'est une foi transmise par la famille. Les laziales sont moins nombreux et souffrent d'une sorte de complexe par rapport a la Roma ». C'est par ces mots que Walter Sabatani, directeur sportif de la Roma, a allumé la mèche en début de semaine. Tout comme la Lazio, l'enjeu est de taille pour la Roma, a l'image des gladiateurs dans l'arène, ce match promet d'être explosif.
Tout comme son adversaire du soir, la Roma a engagé un « nouvel » entraîneur cette été. Pas vraiment novice au club puisqu'il s'agit de Zdenek Zeman, qui a deja connu les couleurs locales entre 97 et 99. Également passé par la Lazio, ce vieux de la vieille en Italie connaît le foot par cœur et sa philosophie est mondialement connue et respectée. Adepte du jeu très offensif (il a gagné la Serie B l'année dernière avec Pescara en marquant 90 buts!), des débordements et du marquage très haut, le coach de la louve imprègne a son équipe un esprit unique. Si le début de saison est mitigé (5 victoires, 2 nuls, 4 défaites), l'équipe pratique un beau football offensif et prend énormément de risques. Deuxième meilleure attaque du championnat (ratio de 2,36 buts/matchs), avec 3 joueurs dans le top 12 des meilleurs buteurs, le jeu de Zeman possède néanmoins le grand inconvénient de s'exposer grandement. En effet, la Roma est également la 2eme pire defense du championnat (1,81 but encaissé/match), et le moins que l'on puisse dire, c'est que çà lui a coûté de nombreux points deja. Victorieux de Palermo la semaine passée (4-1), l'équipe travaille encore beaucoup sur l'aspect défensif de son jeu, actuellement son gros point faible, et ne semble pas encore totalement rodée. Mais un derby romains ne ressemble a rien d'autre, et sur ce genre de match, qui sait, peut-être pourrions nous voir le vrai visage de la Louve.
Zeman a fait appel a un groupe de 21 joueurs pour le derby. Au niveau de la forme, les deux principaux gardiens Lobont et Stekelenburg manquent toujours a l'appel, même si le dernier serait sur la voie de la guérison. Sinon, rien a signalé coté Giallorosso.
Coté tactique. Sans surprise, Zeman devrait faire évoluer son équipe en 4-3-3. Les cages seront gardés par l'uruguayen Goicoechea et la defense sera composée par Piris a droite, le duo Burdisso – Marquinhos au centre et Balzaretti a gauche (la titularisation de Castan au centre n'est pas a exclure). On retrouvera un milieu a 3 joueurs axiaux, composé de De Rossi dans l'axe, Florenzi a sa droite et Bradley a sa gauche. Devant, Osvaldo (6 buts) prendra la pointe de l'attaque, tandis que Lamela (7 buts) prendra le couloir gauche et Totti (4 buts, 3 assists) le couloir droit. La Roma de Zeman pratique le « foot champagne ». En possession du ballon, la Roma construit vite et bien. Utilisant au maximum les joueurs de couloirs (milieux et défenseurs), les joueurs tournent autour de la surface jusqu'à trouver la petite faille. Les défenseurs jouent le hors-jeu, mais de façon très agressive : la ligne du hors-jeu se situant pratiquement sur la ligne médiane. Le pressing est très haut et les 3 milieux axiaux bloquent parfaitement le milieu adverse, notement grâce a leur agressivité et leur discipline. Mais ce système, qui est un véritable hommage au beau jeu et au jeu vers l'avant, possède une caractéristique très désavantageuse. Très exposée aux contres, l'équipe doit avoir des défenseurs endurants et intelligent. Il ne faut pas s'affoler et être patient. Pas encore bien au point, le système Zeman, peine a convaincre. Encaissant beaucoup de buts, la Roma laisse échapper bon nombre de matchs. La véritable question a se posé est peut-être : Combien de temps faudra il a la Roma pour être parfaitement prête ? Et surtout, arrivera elle a survivre en attendant ? Pour le moment, la victoire contre l'ennemi de toujours est une priorité, et Zeman ou pas Zeman, un autre résultat serait vécu comme un échec.
L'homme Clé : « Il Capitano » Francesco Totti. Ils ne sont pas nombreux les joueurs comme celui la. A l'image de Gerrard a Liverpool, l'italien serait prêt a mourir sur le terrain pour son club de cœur. A 36ans, « il bimbo di oro » a joué plus de 500 matchs pour la Roma et marqué plus de 200 buts. Considéré un temps comme le meilleur au monde (dixit le roi Pelé), on l'a cru perdu par ses blessures. Mais le roi est toujours la, régalant par sa technique hors du commun et son sens du jeu inégalé. Travailleur acharné, Totti ne lache rien et possède une créativité et un instinct unique. Il aura l'occasion de marquer un peu plus l'histoire de son club contre la Lazio, et il ne fait aucun doute qu'on pourra compter sur lui.
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