Le Foot européen lui aussi touché par la crise
C'est bien connu, le foot génère beaucoup d'argent, que ce soit en termes de salaires, de pub, de vente ou d'achat de joueur. Ce qui est moins connu en revanche, c'est tout l'aspect spéculatif que représente ces revenus. Hormis les clubs français (DNCG oblige) et certains allemands (éthique oblige), tous les autres clubs d'Angleterre, d'Espagne ou d'Italie sont endettés, et parfois même jusqu'au cou. Vous vous demandez sûrement pourquoi, et comment font-ils ? Le système est en réalité plutôt simple, et est apparu a partir de 1995, avec l’arrêt Bosman. Exactement comme lors de notre bonne vieille crise qui a démarrée au États-Unis, le système mis en place par les clubs de foot se base essentiellement sur la spéculation.
Prenons l'exemple du Real Madrid. Endetté jusqu'à il y a peu, le club fonctionnait sur le système décrit ci-dessus. Quand le club achetait un joueur, Cristiano Ronaldo, pour un montant de 94 millions d'euros, ses finances s'endettaient a hauteur de 60 millions d'euros (ces chiffres sont purement fictifs). Le club, au travers d'une manipulation comptable, transformait ce joueur non plus en employé du club, mais bel et bien en actif financier. Autrement dit, un actif évalué a une certaine valeur (mettons 150 millions), et qui peut donc être intégré aux comptes du club en tant qu'actif financier. Le club, qui dépense en réalité une somme de 94 millions d'euros, se retrouvent donc avec un « probable » revenu financier de 150 millions, au final, il a même gagné 56 millions au passage ! Évidement, dans ce cas présent, Madrid ne prenait pas un gros risque avec Ronaldo, mais imaginez les cas de Kakà, acheté 67 millions. Qui, aujourd'hui, peut se permettre de payer, ne serait-ce que 20 millions pour le joueur ? Alors oui, c'est un système completement fou, au final, completement subjectif, et qui menace d'exploser a tout moment. Tout comme la crise des « Subprimes » qui touche actuellement les banques européennes, si un club tombe, il en fera tomber un autre a qui il devait de l'argent, qui en fera tomber deux autres etc etc...
L'exemple décrit plus haut, n'est évidement qu'une partie expliquant les déficits des clubs. L'autre gros point noir des clubs endetté se situe dans leur gestion des masses salariales. Prenons l'Inter de Milan. En janvier 2012, le club affichait un chiffre d'affaires de 212,6 millions d'euros annuel. Jusque la, tout paraît normal. Là ou le bât blesse, c'est sur le fait que le club dépense 189,2 millions euros par an dans les salaires, autrement dit, le club affiche une masse salariale a hauteur de 89% de son chiffre d'affaires ! Et il n'est pas le seul : Juventus (74%), Chelsea (84%) et le pire de tous, Man City avec 114%.
Voilà pourquoi plusieurs économistes s'accordaient a dire qu'il fallait repenser le système footballistique. C'est a ce moment, qu’apparaît le Fair-Play Financier (FFP en anglais), promis par Platini durant sa campagne. Visant tous les clubs européens, il devrait être mis en vigueur a partir de 2013, mais a, en réalité, deja commencé depuis 2011 (c'est pourquoi certains clubs raisonnés comme United ou Madrid ont entammé des efforts monstrueux depuis).
Le FFP, sorte de DNCG a l'échelle européenne
Gagner plus, pour dépenser plus
Une commission, aussi appelé « Panel financier » a été créer a cette occasion par l'UEFA. Sa mission sera d'analyser et de juger de la bonne santé financière des clubs. L'évaluation s'effectuera sur une période de trois ans, et autorisera donc, une, voir deux années dans le rouge, a condition que l'équilibre soit établis au bout de la troisième année. Les clubs seront jugés sur quatre critères : la possibilité financière de continuer l'activité sportive, l'absence de fonds propres négatif (dettes envers l'actionnaire), l'équilibre financier et l'absence de dettes envers d'autres clubs,joueurs ou autres organisation fiscales. Il sera également demander a tout club, qui dépasserait les 70% du budget pour sa masse salariale, un rapport détaillant les mesures prévues a cet effet. En d'autres termes, il sera demandé aux clubs de ne dépenser uniquement que ce qu'ils gagnent, ou peuvent gagner.
Quelles sanctions pour les mauvais élèves ?
Bien évidement, il n'est pas question pour l'UEFA de jouer au professeur sévère. Si théoriquement, le FFP prévoit une marge déficitaire de 5 millions d'euros, dans la pratique, l'UEFA a bien conscience des efforts qu'elle demande aux clubs les plus endettés (City et Paris notamment). C'est pourquoi, cette marge est « augmentée » a 45 millions pour les contrôles de 2013 et 2014, et 30 millions pour la période 2015-2018. A partir de la, logiquement, la marge devrait revenir a l'initiale mais rien n'a encore été décidé. Pour ceux qui ne respecteraient pas ces règles, l'UEFA n'a pas encore établis de sanctions a proprement parler. Il devrait cependant s'agir d'amendes, et en cas extrêmes, d'exclusion des compétions européennes. Mais l'heure n'est pas a la répression, mais plutôt a la compréhension des clubs, et surtout, a la création d'un système sain et équitable pour tous les clubs.
Peut-on contourner ces règles ?
Quand Platini a demandé au PSG d'être « imaginatif » concernant le fair-play financier, il n'imaginait sûrement pas être pris au pied de la lettre. Depuis, le club a entreprit des démarches sans précédents dans l'histoire du sponsoring. Si actuellement « Fly Emirates » ne verse que 3,5 millions par ans pour figurer sur le maillot principal, il se murmure que le club serait en passe de signer un contrat record de 100 millions par an avec une banque qatari. En comparaison, Eon verse 25 millions a Manchester tandis que Etihad en verse 40 a City. Le PSG frapperai alors un grand coup dans la fourmilière. Sans compter qu'il reste encore a déterminer le prix d'un éventuel naming du Parc des Princes, après rénovation de celui-ci.
Cependant, l'UEFA, qui se serait deja prévenue de ces nouveaux accords aurait deja pris des mesures. On parle alors d'un jugement de « juste valeur », qui déterminerait si oui ou non, les valeurs proposées par les sponsors sont en adéquation avec celle du club. Mais ce jugement s'annonce difficile et périlleux pour l'instance européenne. Elle pourrait le refuser certes, mais rien ne dit qu'un juge civil, saisi sur le dossier, ferait primer les règles de l'UEFA sur les règles sociétaires. Après tout, un contrat est un acte passé entre deux parties consentantes, et a priori, rien ne condamne ce genre de deal. L'autre sanction que pourrait appliqué l'UEFA serait d’écarter le club des compétition européennes, mais elle s'exposerait alors au même problème pour Chelsea ou City, et donc ferait perdre a la compétition sa valeur, et donc gagnerait moins d'argent en droit TV. En bref, le FFP n'est pas encore appliqué qu'il est deja la cible de nombreuses controverses, et ça ne devrait pas s'arranger...
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