Ils ne sont pas beaucoup, ces français, a avoir tenté l'aventure aux Pays-Bas. Pourtant, le championnat est coté, la plupart des équipes jouent a un niveau similaire a la Ligue 1, et les deux « grands » que sont l'Ajax et le PSV affichent un palmarès a faire rougir n'importe quel club français : 5 Ligues des Champions et 2 Coupe UEFA a eux deux.
Et pourtant donc, les français ne sont pas attirés, ou l'inverse. Edouard Duplan lui, est français, est né en 1983 a Athis-Mons dans l'Essonne en banlieue parisienne, a joué en France mais, a franchit le cap. Voila maintenant 7 saisons que cet attaquant de formation se promène sur les terrains d'Eredivisie (le championnat hollandais).
De la CFA2 a la Ligue 2
Au départ, la carrière d’Édouard commence en 2002, a l' AS Choisy-le-Roi. A l'époque le club de la banlieue sud de Paris (Val-de-Marne) pointe en CFA 2. Le 30 novembre 2002, Jean-Pierre Orts, l’entraîneur de l'équipe lui offre sa première titularisation contre Chantilly. Celui qui devrait « apporter un plus offensivement » dixit Orts, vient alors de lancer sa carrière. Le club accède au niveau supérieur, le CFA a la fin de la saison. L'année qui suit est compliquée. Jeune promu, le club se fixe l'objectif de rester a ce niveau. Après 34 matchs, le club se place 16eme, premier releguable, et affiche un bilan catastrophique (9V, 7N, 18D). Edouard lui, aura disputé 29 matchs, et inscrits 2 buts.
En 2004, il suit son entraîneur d'alors, qui l'embauche sous les couleurs de l' ES Viry-Châtillon, dans son département d'origine (Essonne), tout juste promu en CFA. S'en suit alors une première partie de saison encore difficile en championnat, le club lutte pour sa survie. Pour Edouard Duplan par contre, ça évolue vite. Il intègre l’Équipe de France Universitaire cette même année, et aligne les bonnes performances. Porteur du numéro 10, certains diront même qu'il ressemble a Zinedine dans sa façon de jouer. « J'ai beaucoup trop de respect pour Zidane pour m'y comparer. Je n'y pense même pas tant il est unique et inaccessible ».
Le 8 janvier 2005, le hasard de la coupe de France offre a Viry-Châtillon le droit de recevoir l'immense équipe de Lyon, triple champions de France en titre. Le milieu offensif dira dans le quotidien « L’Équipe » a la veille du match : « C'est exactement ce que je voulais. Une grosse équipe pour savoir si les joueurs qu'on voit a la télé sont humains... ». Ce jour la, dans les tribunes du modeste stade Henri Longuet, un agent de joueur assistera a la défaite du club local : 2 – 0.
Quelques jours plus tard, Clermont Foot contacte le castelvirois, et le 31 janvier, il signe alors son premier contrat pro avec le club auvergnat. « Je l'ai toujours eu un tête comme un rêve d'enfant. Je m'étais promis de tenter l'expérience si l'occasion se présentait ». C'est sur ces mots qu’Édouard Duplan s'engage en Ligue 2, sous les couleurs de Clermont.
C'est donc a Clermont qu'il découvrira les joies mais aussi les difficultés du foot pro et de la Ligue 2. « La Rigueur. C'est un mot qui ne veut pas dire grand chose quand on joue en amateur, alors qu'en pro il prend toute sa signification. Il y a beaucoup de sérieux, notamment au niveau tactique », Edouard apprend, travail et en parallèle mène une vie d'étudiant en philo. Tous les jours, des joueurs comme Bruno Rodriguez ou Frédéric Brando lui montre le métier, l'encourage.
Mal embarqué en championnat le club arrive a se sauver de justesse. L'année d'après (2005-2006), Clermont tombe et vit une saison très difficile. 18Eme a la fin de la saison, le club est voué a descendre en National. Edouard lui, a fait ses gammes, il a disputé 21 matchs de Ligue 2 avec Clermont, et marqué 3 buts au total, de quoi étoffer un peu plus encore son expérience.
L'opportunité des Pays-Bas
« Clermont descendait en National et moi, je voulais trouver un entraîneur en Ligue 2 qui me ferait confiance. Pas évident du haut de mes 22ans et ma petite expérience. Un contact de mon agent m'a trouvé une opportunité a Roosendaal qui était en D2 néerlandaise. J'y suis parti dans l'idée de monter. ». Il est donc transféré a l'été 2006 en Premiership (2eme division), aux Pays-Bas, dans le club du RBC Roosendaal. C'est la que tout commencera pour lui. Un peu plus d'un an et 40 matchs (7 buts) plus tard, il quitte le club pour s'engager en faveur du Sparta Rotterdam. Une sorte de consécration pour le parisien, qui découvre alors le haut niveau, l'Eredivise. Il affronte alors des équipes telles que l'Ajax, le PSV ou Feyenoord, et tous les joueurs qui vont avec. Il devient l'un des pilier du club et commence a se faire un nom dans le championnat. Mario Been, le manager du voisin Feyenoord, se montrera même intéressé par le profil du français...
En 2010, il franchit encore un palier en signant au FC Utrecht. Il laisse alors le Sparta Rotterdam avec au compteur 70 matchs et 4 buts marqués en 3 saisons. Dans son nouveau club, Edouard va connaître les joies du haut de tableau et surtout de l'Europa League. Dans cette dernière compétition, le club éliminera notamment le Celtic Glasgow en barrage et se retrouvera en phase de groupe avec Liverpool, Naples et le Steaua Bucarest. Ils iront même tenir en échec le club anglais, a Angfield Road, 0 – 0.
Edouard Duplan devient un titulaire en puissance dans l'effectif et gagne le Trophée David di Tommaso en 2012, étant ainsi élu meilleur joueur de l'année par les supporters du FC Utrecht. Il totalise au total 57 match avec le FC Utrecht pour 12 buts sur les deux dernières saisons. Cet été, une rumeur a circulé sur l’intérêt du manager de Swansea (Michael Laudrup) pour l’allier français mais rien n'a été conclu. A maintenant 29 ans, Edouard Duplan dispose d'une bonne expérience et d'un bagage intéressant. Ne lui restant plus qu'une année de contrat avec Utrecht, il ne fait aucun doute qu'il sera sollicité en fin de saison, et les portes de sorties ne devraient pas manquées, c'est tout ce qu'on lui souhaite en tout cas...
Interview
NewsDeFoot : Étant petit, ta passion a toujours été le Foot ?
Edouard Duplan : D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours joué au foot. Petit, j'allais voir jouer mon père chez les vétérans. Quand j'ai eu l'age, mon père m'a tout de suite inscrit dans un petit club du coin. Et j'ai passé toute mon enfance et adolescence à jouer au foot avec mon frangin Antoine.
NDF : C’était qui le joueur qui te faisait rêver a l'époque ? Celui qui t'a donné envie de jouer au foot ?
ED : Quand j'étais encore gamin, je jouais avant-centre et mon idole c'était Papin et ses bicyclettes, j'ai passé des heures à les retenter dans le jardin. J'aimais bien Alan Shearer aussi. Mais à l'adolescence, quand Zidane est apparu, c'est lui que j'ai placardé partout dans ma chambre.
NDF : Certains joueurs portent un « caleçon de match » ou des chaussettes favorites. Et toi, tu es superstitieux ?
ED : Non je ne suis pas superstitieux mais j'ai beaucoup de rituels et il y a beaucoup de choses qui me suivent. Les morceaux de musique que j'écoute avant un match par exemple, les gestes que je fais à l'échauffement, ce genre de choses.
NDF : Le Foot Pro pour toi, c'est plus un métier ou vraiment une chance ?
ED : Une chance. C'est beaucoup de sueur mais c'est (presque) que du bonheur.
NDF : Alors que tu étais a Clermont depuis a peine une saison, comment est venue l'opportunité d'aller jouer aux Pays-Bas ? La décision a été difficile a prendre ?
ED : Mon agent Greg Dakad était en contact avec un manager ici qui cherchait à tout prix un ailier droit. Je correspondais au profil et leur challenge était interessant, ils misaient tout sur la montée. La décision s'est faite toute seule, j'ai été sceptique jusqu'à la reprise de l'entrainement mais depuis le premier jour de préparation jusqu'à maintenant je n'ai jamais regretté la décision de venir ici, bien au contraire!
NDF : Tu es originaire d'Athis-Mons en région parisienne, ça n'a pas été trop dur pour toi de t'habituer au style de vie hollandais ?
ED : (rires). Il m'a fallu un petit temps d'adaptation au niveau des habitudes alimentaires, ils n'ont pas de culture gastronomique donc c'est pas toujours fameux, Tous les midis ils mangent pain de mie jambon/fromage et ils dînent très tôt. Mais au-delà de ça je n'ai pas eu de problèmes, j'ai été très bien accueilli.
NDF : Avec ton premier gros chèque, c'est quoi le premier truc que tu t'ai acheté ?
ED : A Clermont j'étais 'à la charte', ce ui veut dire que je touchais le revenu minimum d'un footballeur, dans les 2000 euros. Pour moi à l'époque c'était énorme alors j'en ai profité pour m'acheter un ordinateur portable! Et j'étais comme un gosse. Depuis on ne peut pas dire que j'aie fait de très gros coups de folie non plus, même pas une voiture, désolé de décevoir.
NDF : L'Eredivisie, ça te tentait a la base ? T'avais déjà eu l'occasion de découvrir ?
ED : Avant de venir je ne connaissais rien de la Hollande ni du championnat, mis à part PSV, Ajax et Feyenoord. Et maintenant je préfère cent fois l'Eredivisie à la Ligue 1.
NDF : On a la fâcheuse habitude de dire : le foot c'est mieux a l'étranger. Et toi, comment tu juge le championnat des Pays-Bas par rapport au championnat français ?
ED : Le championnat français est plus relevé que le championnat hollandais d'une manière générale. Mais les 10 premières équipes de Hollande tiendraient la route dans le championnat français. Moi j'aime beaucoup cette division parce que tous les clubs cherchent à jouer au ballon, tout le monde essaie de poser le jeu, même les petites équipes. C'est moins brut et physique que la Ligue 1. Tactiquement j'ai appris plus là-bas en 6 ans qu'en 18 en France.
NDF : Parlons de l'ambiance, c'est comment les stades et la culture foot la-bas ?
ED : Ils ont une vraie culture foot, plus qu'en France. Tout le monde a son équipe préférée, tout le monde a des connaissances tactiques de base, de l'écolier au retraité, c'est marrant de parler foot avec eux. Et parfois agaçant. Les stades sont sympas, pas énormes mais souvent remplis. Y'a pas mal d'ambiance aussi. Mais ça diffère d'un club à l'autre. Feyenoord, Twente, Utrecht, Eindhoven, Den haag ont les supporters les plus fanatiques. Dans le reste des clubs on peut vraiment venir en famille au stade, c'est bon enfant. Mon ancien club le Sparta Rotterdam est un bon exemple, à certains matchs ils remplissaient une des tribunes uniquement d'enfants, c'était sympa. Et ils ont un stade très particulier, avec une façade de chateau sur l'un des côtés. Ils ont aussi un hymne que tout le monde se lève pour chanter avant les matchs, tu verras ça nulle part ailleurs.
NDF : C'est qui la meilleure équipe aux Pays-Bas ?
ED : En ce moment ça se tape, mais je dirais PSV, ils ont une grosse cylindrée. L'Ajax joue un beau football mais ils ont un effectif très jeune. Et Twente est toujours à l'affût. Nous on produit du beau jeu et on fait notre petit parcours, tranquillement.
NDF : Il y a d'autres français en Hollande ? Vous avez créer une communauté, vous vous voyez, vous suivez la Ligue 1 ?
ED : Je ne connais que Kévin Diaz, il joue à Fortuna Sittard en Jupiler League. C'est un très bon ami à moi, et lui suit le foot français, moi pas. SInon j'avais rencontré Bréchet, Kalou et Soltani, des gars bien tous les trois.
NDF : Sur le plan personnel, tu as un objectif avec ton club ? Dans ta carrière ?
ED : J'aimerais rejouer une compétition européenne.
NDF : J'ai lu dans un itw de toi, que même si un club français te faisait une offre, tu privilégierai quand même l'étranger. C'est toujours d'actualité ou tu commence a ressentir de la nostalgie ?
ED : Non toujours pas, je pense que je privilégierais toujours l'étranger.
NDF : Tu as, ou tu as eu, la possibilité de quitter les Pays-Bas ?
ED : Il y a eu quelques rumeurs cet été, apparemment Swansea était interessé mais ça ne s'est pas fait. Et là je ne sais pas trop, il est un peu tôt pour s'en préoccuper.
Rapid Quizz Foot
Quelle est l'équipe Française qui te fait rêver ? L'OM.
Et a l'étranger ? Le Barça, claro!
Cristiano Ronaldo, Messi ou aucun des deux ? Messi (même si j'ai du respect pour Cristiano, c'est une bête de travail.)
Quel est ton meilleur souvenir sur un terrain de football ? J'en ai plein. La coupe du Val de Marne remportée avec les -17 d'Arceuil, mes 6 buts et 5 victoires contre l'Ajax, mes 3 victoires de suite à la maison contre Feyenoord avec le Sparta, mon but en Europa League, la victoire 4-0 contre le Celtic à domicile.
Et le pire ? La descente avec le Sparta il y a 3 ans.
Quel est le meilleur joueur avec lequel tu ai joué ? Silberbauer, Mertens, Strootman, Boukhari, Canardinho.
Le « Nouveau PSG », tu en pense quoi ? J'suis POUR, ça fait bien longtemps qu'on avait pas autant parlé du championnat français à l'étranger.
Enfin, tu te voit comment dans 10 ans ? Tu as envie de poursuivre ton aventure dans le foot ? Une reconversion particulière ? Je veux jouer au foot le plus longtemps possible, jusqu'à ce que j'avance plus du tout. Après je sais pas trop encore, mais j'espère avoir le temps de voir venir.





