En cette belle après-midi de samedi, Aston Villa(17e) recevait le leader Manchester United au Villa Park. Le stade était plein a craquer (40 500 personnes) et l'ambiance était au rendez-vous. Résumé et analyse.
1ere Mi-Temps : L'effet de surprise d'Aston Villa
Paul Lambert a décidé d'innover dans sa formation puisqu'il a aligné un 4-2-3-1, avec Westwood et Bannan a la récupération, et Agbonlahor sur le coté gauche. El Ahmadi est laissé sur le banc. Coté Manchester, l'équipe est sans surprise celle annoncée (cf l'Avant Match).
Le match débute sur un bon rythme de Premier League. Manchester prend le jeu a son compte, avec a la baguette un Scholes distribuant les bons ballons. Young se fait copieusement sifflé par ses anciens fans, et Aston Villa n'a toujours pas vu le ballon après 5 minutes de jeu. Les Villians se reprennent et se montrent dangereux sur corners, mettant la défense de United un peu en panique. Au quart d'heure de jeu, le match est plaisant, avec un bon rythme, mais pas vraiment d'occasions. Si Scholes au milieu touche énormément de ballons, on tente de passer par les ailles avec Young et Valencia, qui sont bien bloqués par la defense bien regroupée. Aston Villa verrouille bien donc, et essaye de sortir en contres, mais gâchent rapidement leurs occasions. Au milieu, Ireland est combatif et marque Scholes de très près.
La suite se déroule sur les mêmes bases. Le niveau technique est très bon pour Manchester qui s'entête a vouloir passer par les ailes, mais Lowton ou le jeune Stevens font un bon match défensivement et annulent entièrement Young et Valencia. A la 34e minute, Valencia se retrouve a l'entrée de la surface contre Stevens. Feintes, dribbles, rien y fait, et petit a petit, le jeune irlandais fait reculer l'équatorien qui est obligé de revenir sur ses pas. Valencia a reculé de 25m, le public applaudit la belle démonstration de force d'Aston Villa. Faute d'occasions franches, on se console avec les duels individuels. Manchester monopolise le ballon (possession de 70%) mais n'arrive pas du tout a débloquer le verrou de Villa qui défend très bien. Pendant ce temps la, Van Persie est absent du jeu, tandis que Ireland et Scholes se livrent une bataille fabuleuse dans le rond central. L'un marquant l'autre, la technique de Scholes opposée a l'abnégation d'Ireland, c'est un véritable match dans le match.
45e minute. On se dirige calmement vers la mi-temps quand Benteke prend les manchuniens en contre sur l'aile gauche. Après un bon duel contre Smalling, le belge résiste au tacle et se retourne pour entrer dans la surface. Son centre en retrait trouve parfaitement Weimann qui ajuste sa frappe dans les filets : 1-0 pour Aston Villa, la surprise est la. Mi-Temps.
2eme Mi-Temps : Manchester, taille Patron
L'arbitre siffle le retour au match. Ferguson fait parler la tactique en remplacant Young par Hernandez, l'équipe évolue maintenant en 4-3-3. A la 49e minute, Ireland récupère un mauvais ballon de Scholes. Aston enchaine les passes, jusqu'à ce que Ireland (encore lui) trouve Agbonlahor sur le coté gauche dépouillé de Rafael. L'attaquant pénètre dans la surface et centre en force au 2nd poteau. Le ballon passe devant tout le monde sauf Weimann qui reprend le ballon et le pousse au fond : 2-0. Le match ressemble de plus en plus a un traquenard pour Manchester qui domine copieusement mais fait face a une équipe volontaire qui joue ses coups a fond. Le public est fou de joie et chante pendant que Ferguson et Ferdinand s’énervent.
Le tournant du match est la. Alors qu'ils mènent 2-0 contre le leader, les joueurs de Lambert font le choix de continuer sur le même rythme, et continuent d'attaquer de plus belle. Poussé par un public en folie et une ambiance de feu, ils oublient qu'ils leurs restent encore 40 minutes a jouer derrière. Manchester hausse le ton et met de plus en plus de vitesse dans son jeu. Le pressing adverse est agressif mais juste. Ireland et Scholes sont toujours a la bagarre et les deux touchent beaucoup beaucoup de ballons. A la 58e minute, le vétéran Paul Scholes distille une ouverture parfaite en profondeur pour Hernandez dans le dos de la défense. Après un contrôle moyen qui le place dans la surface, le mexicain résiste au retour de Vlaar et frappe en tombant. Le ballon passe entre les jambes du gardien : 2-1, Manchester vient de passer la 3eme.
Le match prend une ampleur passionnante maintenant. United accélère et met une intensité incroyable dans les duels. 4 minutes après le premier but, Rafael, sur la droite, centre long pratiquement a l'autre bout de la surface. Qui est la ? Javier « Chicharito » Hernandez place son plat du pied qui rebondit sur Vlaar avant de rentrer au fond : 2-2. Il reste une bonne demi-heure a jouer et Manchester vient d'égaliser. La fin du match s'annonce dure pour les joueurs de Villa.
Le match continu sur un rythme effréné, de part et d'autre. A la 66e, Bannan adresse un bon centre dans la surface et Weimann, en pleine course, surgit de nulle part et envoi une puissante tête sur De Gea qui sort le réflexe parfait. United a eu chaud mais le match est un régal. Pas très rassurante, la defense de Manchester souffre, notamment a cause d'un homme : Benteke. Aux allures d'un Adebayor des grands soirs, le belge fait tourner les têtes de Smalling et consorts. Manchester profite de la 71e minute pour prendre définitivement le dessus sur le match. Sur un corner bien tapé par Rooney, Van Persie se réveille et smash sa tête sur la transversale de Guzan. Sur l'action qui suit, RVP cale une magnifique frappe enroulée de l’extérieur de la surface qui vient s'écraser de nouveau sur la transversale. Le néerlandais est enfin apparu dans le match et Aston Villa comprend qu'il va falloir tenir maintenant. Manchester continu de pilonner les cages adverses pendant que la défense essaye de sortir et de respirer un peu. Au milieu, Ireland, épuisé cède sa place, ainsi que le héros du soir, Weimann, ovationné au passage. Il reste 10 minutes a jouer et la défense des locaux est en train de plier sous les assauts répétés des visiteurs.
87e minute. Van Persie obtient un coup franc. Il envoi le ballon dans la surface qui trouve la tête d'Hernandez et finit au fond des filets. Celui qu'on appelle le « Substitute », non pas en hommage au chef d’œuvre artistique de Dhorasso mais plutôt par sa capacité être souvent décisif lorsqu'il rentre, vient encore de frapper. 45 minutes jouées, 3 buts et un renversement de match pour Manchester. C'est extremement sévère pour Aston Villa, qui méritait bien plus le match nul. La fin du match est logique. Manchester la joue a l’expérience et casse le rythme. Villa va tenter mais De Gea sort la fin de match parfaite, repoussant systématiquement les centres. L'arbitre siffle la fin, Hernandez est félicité et embrassé par tous ses partenaires et prend le ballon du match.
Aston Villa
Volontaires et disciplinés, les hommes de Lambert ont eu le match en main. Défensivement parfait et efficaces en contres, ils méritaient un tout autre résultat. Malheureusement, l’expérience leur a manqué. Menant 2-0, ils auraient du souffler un peu et ralentir les ardeurs de Manchester. Au lieu de ça, ils ont joué sur le même ton que Manchester qui a pu ainsi revenir. La prochaine fois, ils le sauront. Bon match tout de même.
L'homme du Match : Andreas Weimann. Le tout jeune autrichien (21 ans) a été parfait ce samedi. Présent dans le jeu de son équipe, il a su être au bon endroit au bon moment. Sa bonne entente avec Benteke et Ireland a causée beaucoup de problèmes a Manchester. Comme son équipe, il a baissé de rythme au fil de la rencontre, dommage.
Manchester United
Bien mal embarqué dans cette rencontre, le leader de la Premier League a fait le boulot. Ultra dominateurs du ballon, la bande a Fergie l'a cependant mal utilisé pendant une bonne heure. Après l'égalisation, l'équipe a repris son statut de favoris et imposer sa loi. Plus percutants, plus incisifs, les attaquants ont pu arracher la victoire en fin de match. Encore un grand bravo pour Sir Alex Ferguson qui lance Hernandez dès la mi-temps, un grand coup de coaching.
L'homme du Match : Javier « The Substitue » Hernandez. Manchester peut lui dire merci. Une mi-temps parfaite en tout points de vue. Présent, disponible, rageur, il a réussis a nous faire oublier que Van Persie jouait depuis le début lui. Si ses buts ne resteront pas dans les annales du foot, il a su faire le bon geste au bon moment, tout lui réussissait. Good Job Man.
Mention Spéciale : Paul Scholes et Stephen Ireland. Les deux meneur de jeu se sont livrés une bataille de grande classe au milieu. Propres et fair-play, le rouquins malin et le chauve travailleur nous ont régalé pendant 1 heure de jeu. Si l'un n'est pas encore a la retraite, l'autre mérite certainement une meilleure carrière. Bravo.





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